L’Union européenne est avant tout un marché commun. Quelques milliers de fonctionnaires européens travaillent d’arrache pied – nous voulons bien le croire- pour mettre en oeuvre des politiques de protection des consommateurs, de santé publique, de recherche ou même culturelle mais le bon fonctionnement du marché commun reste le leit-motiv des europathes. Les événements de la “crise financière” nous rappelle bien cet objectif premier. Si les banques sont menacées, les dirigeants des 27 pays perdus font soudainement preuve d’une entente exemplaire. Les ministres des finances, réunis en “Conseil ECOFIN” ont ainsi pris des tas de bonnes résolutions au mois d’Octobre pour sauver l’Europe des griffes de la finance mais surtout pour garder ses propres griffes bien aiguisée
s.
“Les interventions doivent être réalisées en temps opportun et le soutien apporté doit, en principe, être temporaire”: en principe oui, on ne sait jamais ce qui pourrait arriver. Cette première déclaration démontre combien le marché européen est lui même noyé dans le marché globalisé et combien les dirigeants eux-mêmes manipulent des mécanismes financiers qui leur échappent.
“Nous serons attentifs aux intérêts des contribuables”: s’il faut le préciser, c’est que l’intérêt des contribuables n’est absolument pas un critère décisionnel acquis. “Les actionnaires existants devraient supporter les conséquences normales des interventions”: l’intérêt des actionnaires en revanche est un critère d’importance crucial, quel que soit leur responsabilité.
“Les gouvernements devraient être en mesure d’apporter un changement dans la gestion”: un véritable feu vert aux gouvernement européen, les critères de Maastricht (1) sont mis en parenthèse.
“Les membres de la direction ne devraient pas conserver d’avantages excessifs – les gouvernements peuvent avoir notamment la possibilité d’intervenir en ce qui concerne les rémunérations”: les gouvernements “devraient” se serrer la ceinture, mais rien ne les y obligent. Dans les conclusions du Conseil, chaque mot compte.
“Les intérêts légitimes des concurrents doivent être protégés, en particulier au moyen des règles régissant les aides d’État”: une chose est sûre, en aucun cas on ne remettrait en cause le libéralisme car c’est une foits encore, la raison d’être de l’UE !
(1) Critères de convergence ou “critères de Maastricht”, préalables à l’adhésion de tout nouveau pays à l’Union européenne (source: Wikipedia):
- Stabilité des prix : Le taux d’inflation d’un État membre donné ne doit pas dépasser de plus de 1,5 % celui des trois États membres présentant les meilleurs résultats en matière de stabilité des prix
- Situation des finances publiques :
- Taux de change : Interdiction de dévaluer sa monnaie; ceci fut rendu obsolète avec le passage à l’euro pour les pays de la zone euro.
- Taux d’intérêt à long terme : Ils ne doivent pas excéder de plus de 2 % ceux des trois États membres, présentant les meilleurs résultats en matière de stabilité des prix.


